24.05.2010

CHAMBRE 24

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(Photographie de Olivier Romain, Corse, Île Rousse, août 2005).

Les poèmes trottent encore dans ma tête
Que la mer d'huile accompagne
Au loin j'admire les montagnes
Mais elles n'ont plus cet air de fête

Un frisson, un nid douillet, cadre désuet
Je me prends pour un vieillard hébété
Emotion, un lit troué, pâle reflet

Parfois je me mets à rêver une mort lente
Le long des eaux savantes
Au bord des sables presque noirs
Qui abandonnent leurs vertus dans les soirs

Je navigue entre optimisme et désespoir
Vogue entre les rêves et ce qu'ils nomment réalité
Je flotte parmi les cauchemars que je fais, et l'ESPOIR
Parfois mon âme est comme anesthésiée...

19.05.2010

IMPERIAL PALACE

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(photographie de Olivier Romain, mai 2005, Annecy. Vue depuis notre suite à Laurent et à moi. Impérial Palace).

L'infini de l'eau est gris
On ne voit pas les montagnes
On ne voit pas bien les cygnes

Je me souviens de ces yeux épris
Qui vogaient sur le sourire du lac
Je ne sais plus vraiment qui tu étais

Une chambre moelleuse, un lit de soie
Des pages blanches qui traînent sur l'âme
Les dents plantées vers les cîmes

Un cocktail cher et des fraises, et des noix
Les idées jetées comme en vrac
Et une nuit à regarder les nuages vaciller

Se refléter sur le fil de mes pensées fugaces
Imperial Palace
Ma vie - peu à peu s'efface

Supplément mer va revivre quelques semaines!...

Dans le cadre d'une nouvelle démarche "artistique" j'ai décidé finalement de repousser la date d'arrêt de vie de "supplément vue mer" en reprenant un à un mes poèmes depuis le début de ce blog et en les illustrant à chaque fois d'une de mes photographies... ensuite je le laisserai retourner aux vents, comme convenu... mille bises @ tous

27.04.2010

Supplément vue mer va disparaître...

Avec la mise en ligne à partir d'aujourd'hui de mon nouveau recueil de poèmes "Miguel", du moins le septième et dernier recueil complet que j'ai écrit, celui qui a suivi l'édition de mon seul recueil à avoir été publié à ce jour: "un bouquet de glycines", je pense faire disparaître prochainement celui-ci, qui était de toutes façons voué à disparaître, voué à être lancé aux vents, telles quelques fleurs perdues, offertes, mêlées de branches et de poussières...

Je ne sais pas encore quand exactement ni de quelle manière je vais faire disparaître ce recueil, mais ses jours sont comptés et c'est tout simplement très bien comme cela.

Bises @ tous et merci à tous ceux qui m'ont envoyé de jolis petits mots au sujet de ce recueil.

Je ne veux plus écrire de poésie, je veux tourner une page, je veux trouver de nouvelles façons d'écrire des poèmes, je ne veux pas tourner en rond, je veux quelque chose de plus oral, de plus moderne, de plus dans l'air du temps, je ne veux pas de quelque chose qui se fige, qui vieillit, qui se meurt, je veux me réinventer, réinventer quelques mots, quelques douceurs, quelques blessures, j'ai foi en le vent, je sais qu'il amène toujours un peu vers la beauté, mystérieuse et élégante d'une vie étrange, folle, pressée, vouée à retourner à de la pure cendre.

J'ai envie de vous offrir encore quelques bouquets de couleurs, de lumières, si impuissantes soient-elles.

Amicalement.

08.04.2010

NEW YORK

Je n'aime pas New York,
Mais j'aime ses lignes en noir et blanc,
Sur les toiles ou dans les cuisines des lofts.
Je n'aime pas New York,

Mais j'aimerais tellement repeindre ta bouche
De fleurs d'Armstrong en virtuel, en sang
Colorier sur des nouveaux matériaux le mot love...
Jouer avec des canettes, des bidons d'huile.

Toucher des étoiles, danser dans des airs légers
Fredonner ta mélodie, pourpre et glacée
Traîner dans des endroits louches
Et y imaginer deux ou trois fuites...

Je ne frôlerai plus ta hanche,
Caresserai des rêves étanches
Je n'écouterai plus le tic tac des horloges
Je volerai des oranges, mon ange...

Ne sois pas si pressé.
Le temps nous rit au nez.
Mais nous serons peut-être plus forts,
Qu'en dis-tu, qu'en vis-tu, mon trésor?

30.03.2010

PRESQUE PLEINE LUNE (Almost full moon)

Créer d'autres poèmes comme je reprends la plume
Tu m'as fait démentir les murs qui se dressaient
Le long de la mer blême lentement j'ai marché
Pour regarder s'ouvrir où se posait l'écume

J'ai levé la tête ivre vers des champs magnétiques
Le corps lâché sans bruit écoutait son chemin
Par le vent froid d'hiver dans un chant féérique
Je n'ai pas encore dit que je reviens demain

Et je voudrais revivre quelques fois mes matins
Je serai un peu fier d'écrire quelques roses
Mais aujourd'hui il faut que je lâche mon chagrin

Cueillir de nouvelles vagues pour juste rester là
M'emporter avec l'eau qui doucement se pose
Vers un océan vague mets-moi dans tes doux bras

(Poème issu du "Le Prince de la Ville", 1999).

24.03.2010

MER GRISE...

Mer grise, peinture à l'huile
De Staël, j'ai mal et tu me manques
Les vents ont façonné de drôles d'hivers,

D'éprouvants hiers.

Message, mésange, lumière, passage
Je ne sais pas où nous partons, quittons
Ces lieux sauvages, à tout va, où tout s'en fout

J'attends que les glycines fleurissent

De nouveau.
Printemps qui ne revient pas, essuie le
Chagrin, mélancolie, je prends une gifle de plage

D'éprouvants cimetières.

L'aube pourtant je le dis toujours au sage
Poindra, rose, allègre, fraîche et dansons
Silence, calme, apaisent les mots, le fou

J'attendrai aussi que les glycines flétrissent.

Et j'attendrai encore l'hiver suivant,
La mer toujours vers elle reviendrai
Longerai,
Comme une âme solitaire, un oiseau sans
Lendemain, errant...
Errant...

TOI

Une nuit couronnée d'étoiles, troublante
Toi, tu es apparue, nue dans un voile
Dans la lumière crue de tes yeux de bleu pâle
Le signal qui s'est dressé vers ta flamme brûlante
Je n'ai pu t'oublier depuis.
 
Tracée dans le velours,
J'ai glissé vers Toi la courbe de ton amour
Et les oiseaux verts peuvent bien pleurer
Je chante Toi Toi et pour l'Eternité..
 
La robe couleur lune que tu portes dans mon esprit
N'est qu'un fard trop lourd pour tes charmes silencieux
J'ai ta peau de cascades envahie dans mes cieux
Laisse-moi ma brume se mélanger à ta nuit
Je n'ai pu t'oublier depuis
Je n'ai pu t'oublier ma vie...
 
Toi, Toi...
Seulement Toi...
 
Seulement toi envoûtée de mystère
Toi, floue et vibrante querelle de passereaux
Tu t'évades lentement vers le songe des eaux
Et mes regards sentent un lointain hémisphère
Et pour te plaire...
 
Tracée dans le velours,
J'ai volé vers toi la fleur de mon amour
Et les longues terres peuvent bien me rappeler
Je chante Toi, Toi et pour l'Eternité...
 
Seulement toi pour te plaire, bel or
Il te faut les parures des plus grandes princesses
Tu en aimes d'autres, traîtresse
Et tu sais poignarder mon corps
Seulement toi quand tu dors
 
Toi, diamant ovale, Toi Amour, fleur...
Quand tu dors...
 
Tu es mon seul jour.
(Olivier-Yves IBRAHIM. Poésie offerte dans le cadre du Printemps des Poètes 2010, en l'honneur de la Femme).
Poème issu de mon recueil: "Le Prince de la Ville", 1998.

08.11.2009

L'OCEAN MENACE

Les vagues grondent, l'embrun tombe en trombe

Sur les rochers.

Le ciel est chaotique, le sable est grignoté par les dernières écumes
Les ombres menacent de toute part et l'absolu novembre guette
En haut de tes dunes,
Je rêve encore de l'été, la poésie de tes lettres, nos lunes

Sans fin.

Mon âme amoureuse se laisse bercer par les eaux qui hurlent ce soir
Les cahiers s'envoleront je le sais jusqu'aux bouts des falaises grises
Et mon corps épris, de liberté et de passion qui grisent
Ecrit encore quelques plages sur la grève abandonnée, presque noire

Nous nous sommes tant aimés sur ces rochers.

Saint-Raphaël est loin, mais le trouble m'anime perpétuellement
Je te mens, je le sais, nous ne sommes plus amants
Mais les aimants de nos têtes ne se calment pas, sourds
J'attends qu'une rafale hystérique jette les derniers tambours.

Un matin.

Se lève au loin vers une aurore,
Un oiseau.
Il tient à sa patte un petit message d'or
L'océan se fait plus huile et murmure la chanson de l'eau...

Qu'elle est belle cette vie, sois patient, mon ange, le bleu point à l'horizon...
Sois prudent, mon Enfant, le coeur en dit toujours long...

07.11.2009

STRAWBERRY ICE CREAM

Quelques gouttes de glace
Qui tombent sur ta langue
Baisers de bouche asservis
Je sers le dessert

Et quand je vois dans la glace
Ton corps coquin qui s'invite, exsangue
Je repars à l'assaut de tes chimères
Et de ta chute de reins, en pluies
Je me pourlèche des traces de ton envie

Quelques gouttes de crème chaude
Sur le creux de ton ventre qui me taraude
Je suis comme un chat qui miaule, qui rôde
Je poursuis ma frénésie de lunes, de dunes et de nuits
Je hume, j'ai soif des parfums, des arômes de ton vît
Je me sens toujours tellement en vie
Le danger me démange, me guette et je ris

L'assaut est violent, ce sont les cîmes des montagnes, les étoiles, des dessins indécis
Quelques éclats, cris, éclaboussures de liqueur aigre
Qui retombent sur ma jambe maigre,
Pénètrent les portes d'un paradis sans fin
Et ouvrent mon orgasme, ma boulimie d'amour et de lendemains...

(Poème déjà publié dans le blog "Un bouquet de glycines")