08.11.2009
L'OCEAN MENACE
Les vagues grondent, l'embrun tombe en trombe
Sur les rochers.
Le ciel est chaotique, le sable est grignoté par les dernières écumes
Les ombres menacent de toute part et l'absolu novembre guette
En haut de tes dunes,
Je rêve encore de l'été, la poésie de tes lettres, nos lunes
Sans fin.
Mon âme amoureuse se laisse bercer par les eaux qui hurlent ce soir
Les cahiers s'envoleront je le sais jusqu'aux bouts des falaises grises
Et mon corps épris, de liberté et de passion qui grisent
Ecrit encore quelques plages sur la grève abandonnée, presque noire
Nous nous sommes tant aimés sur ces rochers.
Saint-Raphaël est loin, mais le trouble m'anime perpétuellement
Je te mens, je le sais, nous ne sommes plus amants
Mais les aimants de nos têtes ne se calment pas, sourds
J'attends qu'une rafale hystérique jette les derniers tambours.
Un matin.
Se lève au loin vers une aurore,
Un oiseau.
Il tient à sa patte un petit message d'or
L'océan se fait plus huile et murmure la chanson de l'eau...
Qu'elle est belle cette vie, sois patient, mon ange, le bleu point à l'horizon...
Sois prudent, mon Enfant, le coeur en dit toujours long...
16:17 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : amour, mort, poésie, mélancolie, mer, océan, vagues, temps, automne, hiver
07.11.2009
STRAWBERRY ICE CREAM
Quelques gouttes de glace
Qui tombent sur ta langue
Baisers de bouche asservis
Je sers le dessert
Et quand je vois dans la glace
Ton corps coquin qui s'invite, exsangue
Je repars à l'assaut de tes chimères
Et de ta chute de reins, en pluies
Je me pourlèche des traces de ton envie
Quelques gouttes de crème chaude
Sur le creux de ton ventre qui me taraude
Je suis comme un chat qui miaule, qui rôde
Je poursuis ma frénésie de lunes, de dunes et de nuits
Je hume, j'ai soif des parfums, des arômes de ton vît
Je me sens toujours tellement en vie
Le danger me démange, me guette et je ris
L'assaut est violent, ce sont les cîmes des montagnes, les étoiles, des dessins indécis
Quelques éclats, cris, éclaboussures de liqueur aigre
Qui retombent sur ma jambe maigre,
Pénètrent les portes d'un paradis sans fin
Et ouvrent mon orgasme, ma boulimie d'amour et de lendemains...
(Poème déjà publié dans le blog "Un bouquet de glycines")
22:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, amour, gay et lesbienne, érotisme
PRINTEMPS, TOUT SIMPLEMENT...
PRINTEMPS, TOUT SIMPLEMENT...
IV
(Un brin d'autan, un grain de temps)
Un brin de temps, un grain de bonheur
S'enfuient les silences, les déserts
Sois joli, délicieux morceau de musique fraîche
Eau volupté, cours nue après les bruits, les envols des oiseaux...
Ecrin de printemps émeraude et bleue lenteur
Coulent les sentences sur nos peaux encore rèches
Fluote les toiles, les voiles, les mirages délétères
Ô volage volonté, donne du jaune, du bleu, du rouge à nos mots...
J'ai envie de finir sur des notes positives, enthousiasme, légèreté et miel
Virevoltent les jupes de l'espérance, les cheveux aux vents, vagues
J'ai besoin de m'allonger sur un sofa tendre et confortablement
Admirer les volutes d'un bâton d'encens, épices à la pomme et cannelle
Je me ferai un peu plus beau en me réouvrant à l'Amour
J'effleurerai tes ailes de prince diamanté et enchanteur
J'effeuillerai les marguerites, prémices d'un bel Eté
Et je ferai pousser des bougies à l'orée de mes idées un peu noires
Nous réinventerons des futurs aux plus merveilleux contours
Naïvement, un peu superficiels, un peu badins, rieurs
Je t'aimerai comme le rocher qui disait se consumer pour l'étoile
Un jour au Printemps, un océan, une éternité...
Il était une fois est-il de ce monde?...
Le Printemps est là pour le croire.
12:23 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poésie, printemps, espoir, amour, voyage initiatique
06.11.2009
RETIENS L'ETE...
Retiens l'été...
III
(Quatre saisonnalités: Les Thés)
J'aime la chaleur de ses lames de dynamite sur ma peau
Et je reprends une nouvelle tasse de thé, parfumé à la fraise et au basilic
Tu es ma lumière, ma faiblesse, je mourrai un jour de fin d'été
Je ne veux pas revoir l'automne contre qui je ne peux rien
- Et les vents passent.
J'aime la brûlure des soleils au bord de mers exacerbées
La poussière du sable grignoter mon visage, mes cernes, mes cendres et mes rides
J'idolâtre les morsures des dards des rayons sur les doigts, le sexe, les os...
Je déteste les jours idiots de pluie de juin, les douceurs saccagées
- Et les vents lassent.
Une odeur de thym, un parfum de lente quiétude... plénitude
Si douce journée, si douce jouvence, mon âme se laisse aller.
J'oublie presque les décès, les hantises et les coups de canifs
Si je pouvais suivre les
Vents qui délassent.
Ô ma bulle, mémoire belle et instable ne me quitte pas, méandre...
Ne m'abandonne pas tout à fait aux fées, aux démons
Je veux encore sentir l'odeur du thé qui caresse, qui frissonne les narines
Je veux encore humer tes mains sur mon sein, mon âme prélude
Les vents menacent.
12:45 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poésie
25.10.2009
VIENS, MON HIVER...
Viens, mon hiver...
II
(Quatre saisonnalités: Lit vert)
Viens mon hiver, viens ma poussière puisque je ne sais plus te nier
Viens, sois rude, sois extrême, je n'aime pas les demi-mesures...
J'aime pourtant la douceur de flocons de coton se poser
Délicatement sur nos murmures... nos morsures.
Viens mon hiver, mais sois brutal, fou, hystérique
Je veux une crise violente, du sang qui tache et qui viole
Ma peau n'est plus faite pour frissonner, j'ai si peur de la glace
Et pourtant j'oublie trop souvent que quand les deuils cessent...
Quand les cycles des deuils cessent, ce que je nommais le veuvage professionnel
Il y a au bout d'un tunnel, le Nirvana. Chante,
Haut et fort les neiges furieuses qui dansent insensées
Célèbre la foule de débauche que soulève ce ciel dément...
Et ris, retombe comme un amour sans fin - au coin des bûches
Contre qui l'on ne puit lutter
Laisse couler les premières eaux du dégel sous le lac de marbre.
Regarde - le soleil, son écrin qui n'est pas très loin derrière...
12:32 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poésie, écriture, hiver
24.10.2009
OCTOBRE POURPRE
OCTOBRE POURPRE
I
(Quatre saisonnalités: l'eau tonne)
Les feuilles mortes, les feuilles tombent et bla bla bla
Je n'ai pas envie de parler de trépas, pas envie de parler de Toi
Je ne préfère pas parler de novembre, des deuils et des cimetières
Je ne préfère pas parler de décembre, des givres qui glissent vers l'hier...
Pour moi septembre n'est pas encore l'automne, moi qui aime retenir l'été
Alors je parlerai d'octobre, pourpre, qui n'est plus lui mais pas encore demain
Je parlerai de prose, d'opprobre, des vents qui malmènent mes mains
Mais je toucherai les couleurs, les ors, les feux qui me rappellent les doux péchés
Je mélangerai les odeurs, le tendre, le beau, le vrai et le mystère
Octobre sent déjà parfois tellement les tombes, mais elle sait encore se faire oublier
Et avant que tout ne cède, que tout ne glace, laisse-moi poser quelques mots, quelques fleurs...
Sur tes hanches enchanteresses, Colombe érudite
Vole vers le moelleux des nuages, ma Lumière - et dans ta fuite
N'oublie pas tout à fait ton aveu, tes promesses, tes miels et heures
L'orage gronde un peu, mais il est encore loin dans la montagne
Il se rapproche mais tu me leurres, il ne claquera pas
Il s'effondrera contre les murs de nos silences, les présages qui nous gagnent.
11:18 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poésie, mort, écriture, automne
16.08.2009
ROBE DE BRUME
Elle portait une robe de brume, elle est toujours un peu blessée
Elle porte une robe brune, est tellement ensoleillée
Elle tord un bord de lune et est encore toute ensomeillée
Et quand le printemps reviendra, elle revêtira ses plus beaux atours
Aux mille et une couleurs, parfums, saveurs, en attendant et imaginant l'été
Et quand l'automne renaîtra, celui-ci figera son sourire et les jours
Pour blottir un hier moelleux, lumineux, confortable et gai.
Mais quand l'hiver reviendra, ses blessures de nouveau la tourmenteront.
Quand l'hiver griffera, posera ses givres, les larmes couleront sur les anciennes passions.
Tableau, Aimée, intemporelle âme et amie
Et moi, égoïste Enfant en quête éternelle de ciels
Quand je suis trop seul ou que le goût du gouffre a celui du sel
J'ai quelqu'un à tenir par la main, et je m'envole...
J'ai quelqu'un à qui tenir la main et je vole...
Elle portait une robe de brume et j'aimerais tant décrocher
L'Eternité.
A ma délicieuse Cath, en souvenir d'une rencontre merveilleuse près des eaux d'Annecy.
00:07 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
27.04.2009
CHAMBRE SUPERIEURE (Kingsize bed)
Paris grisaille derrière les carreaux carrés
Brin de douce nostalgie en noir et blanc
Alors que les pétales d'amandier
Semblent emporter un automne déjà plus printemps
Bruine qui saupoudre les pavés, ruine (urine)
Mon moral, mes étourdissements, mélange
Ma poésie urbaine et de cafard qui dérange
Les odeurs noires ne savent que trop les rimes
Tilleul au réglisse ou bulles de champa-
Gne, c'est toujours la même folie du confort, du remake
Je me sens tellement vivant tout ça ne passe pas
Je rejoue les infidélités des milliers de mecs
Qui rodent, qui passent, s'ignorent
Juste pour ne pas sentir éclore
L'avant goût de la fin du paradis
Ce n'est pas ici que je trouverai le repos promis
Le 24 mars 2009.
00:51 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.10.2008
DANS LE CIEL
Elle a les yeux cernés de noir,
Quelquefois le noir brille, resplendit
Quelquefois le noir coule, en dit long
Mais souvent après la pluie renaît l'espoir... comme l'on dit
Je me souviens de ce sommet que nous avons franchi
A imaginer pouvoir voler de volcans en volcans, puis
Emprunter le tapis moelleux que formait un seul nuage rond
Haut, bien au-dessus du dôme, en espérant que le soir
Ne vienne pas. Ne vienne plus. Ne vienne jamais.
Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je ne sais jamais.
Le ciel me semble parfois si proche, les étoiles tellement accessibles...
Des sons de luth étourdissants aux oreilles, des rêves pour cibles
Je me souviens de ces escapades parisiennes, ces nuits solaires
Je me souviens de ces escaliers vers la lune, le Vieux Lyon où j'ai humé
Son parfum, ses atmosphères, ses différents mondes d'éther
Elle me parle d'amitié intemporelle, je lui parle de ciels enfumés
Dans le ciel, je me vois, je me sais, mais je ne me noie pas
Je rêve de paradis blonds aux couleurs de l'horizon
A l'effigie d'une terre qui frôle un éden abscons
Dans le ciel je t'envoie des baisers de sel, des "ne me quitte pas".
Le Mont-Dore, le 23 octobre 2008.
17:51 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
13.07.2008
INSOMNIA
La pluie jette ses gouttes en rafales
Mon visage et mes genoux sont écorchés par le vif
Du froid insolent, décadence en plein été
Je me réfugie dans le lit de tes pensées
Un lieu où l'on a envie de tout jeter, d'expulser
Un accident idiot et des petits rien qui vous rappellent tant
Les gestes, les mensonges, les bruits ne sont pas innocents
J'ai plutôt envie de lâcher les voiles
Les odeurs déferlent en râles
Les frissons se font plus insistants, les rêves plus pâles
Des spasmes au coeur, demain ça ira mieux
J'aimerais ne plus retenir les étés
Dubitatif, excessif
J'erre dans le miroir de ces vagues plaintes, parfois festif
J'oublie et vogue dans le flot de douces tortures d'yeux
J'aimerais jeter la tête en arrière, danser, comme pour oublier...
Mais je me souviens.
Trop bien.
02:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

